Interview – Roland Magdane, l’humoriste qui fait rire la France depuis 40 ans !

Roland Magdane est l’un des humoristes préférés des français. Sur scène depuis plus de 40 ans, il se livre, dans une interview exclusive, sur son spectacle, son amour du public et les médias, au prix de quelques anecdotes croustillantes. En toute simplicité.

 

¤ Première partie : le spectacle ¤

 

Roland Magdane spectacleVous avez parcouru la France entière avec votre spectacle, Les plus grands sketchs, et vous allez encore le faire au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine… Enfin Roland, vous êtes un marathonien de la scène quand même, vous aimez voir du pays ?

J’aime ça ! On peut plus du tout dire que je fais ça pour l’argent. J’aime profondément mon métier. Sur mon bureau, j’ai la lampe de mineur de mon père. Moi, je ne vais pas travailler. Je dis « je vais jouer ». Qui peut dire dans la vie, « je vais jouer ? » J’ai une chance incroyable. Beaucoup d’organisateurs après le spectacle me disent « on voit que tu t’es éclaté ».

Alors, votre spectacle, c’est une sorte de méga best of de vos sketchs les plus célèbres, on y retrouve Le dentiste ; Le barbecue… qu’est-ce qu’on redécouvre aussi dans le spectacle ?

C’était difficile de choisir. Il y a deux heures de spectacle. J’ai gardé les sketchs grâce auxquels je m’amusais le plus sur scène. Et ça marche, les gens s’éclatent. J’ai l’exemple de « Benoit », l’ado un peu mollasson. Mais comme j’en ai écrit plusieurs des Benoit en 40 ans, on met tout ça à la suite les uns des autres. Donc on a dix ou douze minutes où on a tous les adolescents du monde qui se marrent aussi. Les jeunes se reconnaissent dans le personnage, les parents reconnaissent leurs enfants, les grands-parents leurs petits-enfants. Ma marque de fabrique, c’est de prendre une situation quotidienne et de tirer dessus comme une pelote de laine pour arriver à l’absurde. C’est ce qui est intéressant, d’arriver à un truc complètement surréaliste, pour faire rire les gens.

Justement, le Benoit d’aujourd’hui n’est plus le même que celui d’il y a 10, 15 ou 20 ans…

Non, ce n’est plus le même. Mais ils ne sont pas si éloignés que ça. On change beaucoup dans sa vie d’adulte. Généralement un ado de 16 ans n’aime rien et ne veut rien faire (rires).

« J’écris […] déjà le prochain spectacle »

Les jours de spectacle Roland, comment ça se passe ? Quel est le programme type d’une journée où vous êtes sur scène ?

Et bien par exemple, le matin, je suis déjà devant l’ordinateur pour essayer des trucs nouveaux. J’écris tout le temps. Je suis déjà sur le prochain spectacle. Je teste une à deux minutes tous les soirs, et si ça fait rire, je mets ça de côté, petit à petit. A 14 heures, je vais à la répétition. J’aime prendre le temps de discuter avec les techniciens et faire le montage technique, son et lumière avec eux. Après, je mange un petit bout, il est 15h00, 15h30. Vers 16h00, je fais une petite sieste. Au début, je culpabilisais beaucoup… puis finalement j’ai rencontré mes collègues qui m’ont aussi dit qu’ils faisaient la sieste. Pierre Arditi m’a confié qu’il faisait tous les jours sa petite sieste pour péter le feu à 20h00. Il y a des artistes qui se lèvent à 14 heures. Moi je me lève comme tout le monde, le matin. Donc pour être en forme à 20h30 et monter sur scène avec le feu au cul, c’est sûr qu’une petite sieste de trois quarts d’heure ça fait du bien.




Que faites-vous après le spectacle ? Vous allez boire un coup avec des amis ? Vous allez manger ? Ou ça retombe tout de suite et vous préférez aller dormir ?

Disons que les afters, j’ai eu une époque comme tout le monde où c’était tard dans la nuit. Après le spectacle, j’ai deux heures de bond. Jusqu’à une heure et demi du matin, ça roule. Mais quand on sort du resto à 1h30 du mat’, il ne faudrait pas me demander d’aller en boite !

« On essaie d’aller à la rencontre de tout le monde », que ce soit « une salle de 500 ou 2 000 places »

Est-ce que vous avez plus un tempérament à jouer dans des grandes villes ou des petites villes ? Où vous sentez-vous le plus à votre aise ?

C’est tout l’art de travailler comme nous le faisons. Je travaille avec ma femme, à l’ancienne, comme Pierre Perret ou Raymond Devos. On ne se dit pas « on va aller que dans les grandes salles ». Bien évidemment, on ne va pas faire une salle de 500 places un samedi, parce que c’est un peu dommage. En revanche, on a des prix adaptés pour les organisateurs. Selon qu’on aille dans une salle de 500 ou 2 000 places, on fait des prix différents et on ne boude personne. On essaie d’aller à la rencontre de tout le monde. C’est ce qui fait la longévité, on a toujours respecté le public. Ces gens chez qui on va, on a déjà fait un spectacle chez eux il y a deux ou trois ans. Ils se sont éclatés et ils nous font revenir. C’est pour ça qu’on travaille avec un an d’avance. Quand les gens vont voir un spectacle, ils font un effort, ça demande un effort, car ça coûte cher. Il faut leur donner ce qu’ils attendent et qu’ils sortent en se disant « putain, on s’attendait vraiment pas à ce qui nous fasse ça ». Quand j’croise des jeunes, je leur donne toujours un conseil, c’est de se regarder dans une glace et se dire « si jamais je reviens ici, dans cette même salle, la semaine prochaine, est-ce que le public va revenir ? » Si on peut dire « oui », c’est qu’on a fait un bon spectacle ! Et c’est sûr que quand vous revenez deux ans après, même si vous n’êtes pas sous le feu de l’actualité, parce que moi je fais très peu de promotion, c’est comme avec un bon copain, vous ne l’oubliez jamais, même deux ans après.



¤ Deuxième partie : l’avis de Roland sur la télé, le théâtre, et l’élection de Donald Trump ¤

 

Est-ce que vous regardez la télévision Roland ? Si oui, qu’est-ce que vous regardez ?

Souvent… trop, d’après ce que dit ma femme. J’ai tendance le soir à regarder n’importe quoi. On est une génération où la télé, on a du mal. C’est plus vraiment une ode à la qualité. Parfois, je me demande si il n’y aurait pas des jeunes talents à mettre en avant, plutôt que de passer des gens qui se grattent le nez devant une caméra. Je ne veux pas critiquer. Mais maintenant, les gens ne veulent plus devenir artiste. Ils veulent passer à la télé. Après, je suis capable de regarder des émissions comme Top Chef mais d’un côté social. Parmi tous ces gens, il y en a qui bossent dans une banque, une jardinerie ou autre, et ils disent tous qu’ils ont toujours rêvé d’être cuisinier. J’ai envie de dire à la nouvelle génération, si vous ne voulez pas faire comme vos parents et que voulez devenir cuisinier, jardinier ou autre… mais faites-le ! Le principal truc dans la vie c’est de partir de chez soi le matin en se disant « j’aime mon métier ».

roland magdane humoristeSi vous aviez 25 ans, aujourd’hui Roland, vous participeriez à des émissions comme Top Chef, Le Meilleur Pâtissier etc. ?

Je cuisine comme une patate (rires). L’échec à l’école c’était déjà difficile, alors le faire devant des millions de gens… Non, plus sérieusement, je connais bien des chefs comme Philippe Etchebest, ma maman était professeur de cuisine, grâce aux tournées je ne manque pas de bons endroits. Mais il n’était pas question pour moi de faire de la cuisine.

Du coup, que regardez-vous généralement à la télévision ?

Je regarde C dans l’air, j’adore cette émission.

Les émissions type Danse avec les stars ; Koh Lanta, ça vous branche ? 

J’aime bien Danse avec les stars, j’aime beaucoup Koh Lanta. Mais Danse avec les stars, j’ai un gros problème avec cette émission. Ce qui se passe c’est que je me demande pourquoi des animateurs font ça ? Je ne comprends pas. Pour se surpasser, parfois une salle de gym suffit. On n’est pas obligé de mettre des ballerines pour être ridicule (rires).

On vous l’a déjà proposé j’imagine ?

Oh, si ça vous saviez ! C’est extraordinaire parce que les gens qui proposent des émissions ne me connaissent pas. Au gala de l’Union des artistes, je vous promets que c’est la réalité, on m’avait proposé un numéro de trapéziste. De trapéziste ! Vous imaginez un peu ? Avec le collant, le moule-bite. Ah ça aurait été comique.

Et Incroyable talent par exemple… si on vous proposait de faire partie du jury de l’émission, ça vous tenterait aussi ?

J’aime bien cette émission. On passe du burlesque à des performances incroyables. Il y a des talents inconnus qui méritent vraiment de débuter une carrière.

« Je suis en train d’écrire une pièce de théâtre »

Est-ce qu’un jour on vous reverra au théâtre ?

Pour la petite histoire, je suis en train d’écrire une pièce de théâtre. Je ne peux pas vous en dire plus. Je n’ai pas de haine pour le théâtre. Même si je ne la joue pas, ça m’intéresse d’écrire.

Vous avez vécu 10 ans aux Etats Unis… Comment voyez-vous l’élection de Donald Trump ?

Tout le monde a balancé sur Trump. Moi aussi, je l’ai fait. Mais on vit une hérésie dans un pays où l’autre candidate a été décrédibilisée aussi. C’est compliqué. Mais j’aime bien sa coiffure, on dirait qu’il a un animal mort sur la tête (rires). Le problème des Etats-Unis, c’est le système de vote, avec les grands électeurs, et la possibilité de ne choisir qu’entre deux personnes. La politique ne me branche pas du tout. Franchement. Mais j’ai des enfants, et quand j’y pense, ça m’énerve vraiment. C’est un lot de petits arrangements entre amis. Allez je suis énervé, on arrête ! (rires)

Ça va, vous n’avez pas perdu votre anglais depuis ?

Oh si ! C’est épouvantable. J’ai une fille de 25 ans qui parle beaucoup mieux anglais que moi.

 

¤ Troisième question : les questions qui tuent ¤

 

Si vous deviez quitter la France… dans quel pays vous voudriez partir ?

J’ai eu la chance de passer par mal pas de pays. On a toujours l’image de l’Amérique, parce que c’est passionnant pour mon métier. Je me verrai mal partir de France.

Est-ce que vous avez un passe-temps, un hobby en dehors de la scène… quelque chose qui peut vous occuper dès que vous avez du temps libre ?

Pas vraiment non. C’est pour ça que je vous dis que mon métier est une passion. A côté, j’aime bien voir des antiquaires, je suis sensible aux beaux objets. Ça permet de se détendre, de marcher un peu quand on est dans une ville. Et puis ma femme bien sur.




Votre femme, Marie-Claude, vous permet de former un duo de choc !

Oui, elle est ma femme, mon manager, elle s’occupe même de la technique quand je suis sur scène.

Le sud de la France, c’est magique, vous ne voulez plus le quitter ?

Oh non ! Il fait toujours beau ici, il fait chaud. L’autre jour, j’étais en Suisse dans un hôtel avec vue sur le lac… je peux vous dire que le lac je ne l’ai jamais vu ! La pluie et la neige, je la vois chez les autres, c’est déjà ça (rires).

Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ?

J’aime bien, j’ai eu du mal au début, mais j’aime bien. J’ai écrit un sketch en 1981, après l’assassinat du Président Egyptien Anouar El-Sadate. Il a été vu 7 millions de fois sur Facebook et partagé plus de 200 000 fois. Le pire, c’est qu’il est malheureusement et à ce jour toujours d’actualité. Notre monde est devenu fou. C’est pour ça qu’il faut rire et faire rire dès qu’on en a l’occasion !

Merci Roland Magdane. Merci pour votre temps accordé, votre sympathie et votre humour, et puis merci de rester aussi simple et de faire rire les français après toutes ces années.

Merci à vous Alexandre c’était bien sympa, à bientôt !


Roland Magdane est en tournée dans toute la France en fin d’année et en 2017, vendredi 25 novembre au Silo à Marseille, le 8 décembre à Monaco.

Pour tous les renseignements sur la billetterie, rendez-vous sur http://www.rolandmagdane.com/

Noël approche : on vous conseille le DVD du spectacle de l’artiste 😉 

Interview réalisée par Alexandre BOERO, le 19 novembre 2016.

Merci à Roland et sa femme, Marie-Claude.

(Twitter @AlexBoeroOff – Facebook @alexandreboerocom)

Crédit photo : Roland Magdane – rolangmadane.com

2 commentaires sur “Interview – Roland Magdane, l’humoriste qui fait rire la France depuis 40 ans !

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