Interview – Marc Maury, La Voix du sport en France (2ème partie)

Il reconnaît de lui-même avoir toujours aimé le sport, et cela tombe bien, car Marc Maury est devenu une des très grandes voix du sport. Le speaker a accordé une large interview à alexandreboero.com dans laquelle il a évoqué tous les sujets, à l’occasion de l’Open 13 Provence. Voici la deuxième partie de cet entretien.

 

¤ Deuxième partie – Marc Maury et le tennis ¤

 

Quel regard vous portez sur le tennis moderne Marc ? Est-ce que les joueurs se comportent de la même manière qu’il y a 5, 10 ou 20 ans ? 

C’est un sport individuel avec une certaine pression autour. Il y a une équipe, du monde autour des joueurs. Alors quand on est bien entouré et qu’on vient d’un milieu dans lequel on a appris au joueur à bien se comporter, ça se passe bien, parce que généralement le sportif arrive à gérer l’événement, quel que soit son classement. En France, on a une très bien formation. Ce qui est plus difficile, c’est le passage de junior à celui de senior. Cela devient un peu compliqué, il faut accompagner ce passage-là, pour les joueurs français. Pour les joueurs étrangers, cela se passe souvent très naturellement par rapport à l’éducation, à la formation qu’ils ont pu recevoir. Avant, il y avait des bad boys… il y en a un peu moins maintenant, ça plaît à certains. Un joueur comme Nick Kyrgios fait un petit peu parler, mais on a besoin de gens comme lui.

Benoît Paire ? « Il est charmant […] mais a du mal à contrôler ses émotions »

Nick Kyrgios, bad boy du circuit, à l’Open 13 Provence 2017

Benoît Paire est un petit peu le bad boy du tennis français…

Son caractère est un petit peu particulier… si vous dînez, si vous passez un moment avec lui, il est charmant, poli, gentil. Quand il est sur le cours, il a du mal à contrôler ses émotions, et ça se retourne contre lui. A Marseille, il prend deux avertissements, le troisième aurait été disqualificatif. En plus de ça, l’image n’est pas bonne. Mais il fait des efforts, grâce à Thierry Champion et son entourage.

Quel regard aussi portez-vous sur le tennis féminin ? Il y a cette défaite en Fed Cup, la finale perdue l’an dernier. Les bleues ont beaucoup de mal à s’affirmer sur le circuit WTA dans l’ensemble.

Disons que nous avons été gâtés avec Mary Pierce, Amélie Mauresmo… la seule numéro un mondiale hommes et femmes confondus, c’était une fille, Amélie. Les deux ont gagné des tournois du Grand Chelem, c’est ce qu’on recherche chez les garçons et pour l’instant on ne l’a pas. On a une génération qui est pourtant assez intéressante. Caroline Garcia fait des progrès ; Kristina Mladenovic a été championne du monde junior, elle est aussi en pleine progression mais il faut qu’elle soit plus constante, plus régulière. Alizé Cornet est toujours là, on connaît son problème avec la Fed Cup, mais en tournoi elle reste performante. Pauline Parmentier reste aussi une valeur sûre, Océane Dodin et Amandine Hesse arrivent. Il faut aller chercher les jeunes et les intégrer, c’est ce qu’essaie de faire le capitaine de Fed Cup. Mais ce n’est pas simple. Puis je pense que l’état d’esprit chez les filles est un peu différent. Chez les garçons, on a une génération en or, mais qui tarde à se concrétiser en Grand Chelem et en Coupe Davis. Et puis certains vont passer la main dans deux ou trois ans. Chez les filles, il y a le temps parce qu’elles sont encore jeunes. Il y a le fait aussi que Caroline (Garcia) veuille plutôt rester sur les tournois et ne plus venir en Fed Cup cette saison. Mais ça lui passera, je pense qu’elle viendra, et puis on a besoin d’elle pour conquérir le saladier en Fed Cup.



Gaël Monfils « a compris le message, et la communication n’est pas coupée entre Yannick Noah et lui »

Vous parliez de la Coupe Davis, avec le quart de finale contre la Grande-Bretagne qui se profile (week-end du 7 au 9 avril). Le choix de la terre battue comme surface, c’est un avantage d’après vous ? 

C’est le bon choix. Les Français y sont assez performants. Si Andy Murray est là, ça reste pour la Grande-Bretagne un atout considérable, et pour nous, une épine. Andy joue très bien sur cette surface. On a les garçons pour le faire, quelle que soit la sélection. Je pense que le capitaine va faire ce qu’il faut. Je mets un petit billet sur le fait que Gaël Monfils va revenir en équipe de France. Il a compris le message, et la communication n’est pas coupée entre Yannick Noah et lui.

Et la surface convient à Gaël Monfils…

La surface lui convient… et puis nous avons des joueurs de double performants, interchangeables. Jo-Wilfried Tsonga joue bien, Richard Gasquet aussi ; Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut pour le double. Si les joueurs ne sont pas blessés, on a une équipe pour aller au bout, cette année ou l’an prochain.

Marc Maury interviewe Jo-Wilfried Tsonga, à l’Open 13 Provence 2017

Quel joueur admirez-vous le plus aujourd’hui ?

J’ai du mal à être groupie. Mon métier, c’est de mettre les joueurs en valeur. En tant qu’ancien sportif, je vois la qualité de chacun. J’ai beaucoup de respect pour Rafael Nadal et Roger Federer. Nadal n’a jamais changé, je l’ai connu la première fois en 2003 à Monaco, quand il était invité. On a toujours une super relation. Roger Federer, c’est encore autre chose… Il était junior en 1998 et cassait des raquettes, deux ans après il était top 10 et apaisé. Un Novak Djokovic, chapeau. On l’a eu à Metz en 2006, une de ses premières victoires, et ici à Marseille où il est venu. Ces joueurs se construisent sur ces tournois-là, qui sont peut être moins importants, mais qui invitent des jeunes et font confiance à la nouvelle génération. Ces joueurs-là méritent qu’on s’intéresse à eux et à leur histoire en tant que personne, en tant qu’homme.

Quel est le meilleur client en interview ? 

Rafael Nadal n’etait pas très à l’aise par exemple, il était assez timide. Mais il a appris. Federer est très bien client, Novak Djokovic en interview, on peut y passer du temps, il y aura toujours quelque chose de fort.




Le moins loquace ? 

Ah on a toujours des joueurs qui vont répondre presque par « oui » ou par « non »… Mais c’est assez rare qu’on ait des joueurs qu’on arrive pas à faire parler. Généralement, j’arrive à faire parler tout le monde.

Votre événement sportif préféré, ça reste Roland-Garros j’imagine ?

Oui, il y a quelque chose de très fort d’un point de vue sportif. C’est comme si on avait un championnat du monde tous les ans à Paris. Mais ça dépasse aussi le cadre du sport… on vient aussi à Roland-Garros pour tout ce qu’il y a à côté. Sinon, à l’international, ça reste les Jeux Olympiques, l’événement intercontinental le plus intéressant.

Roland-Garros : « Un toit ? Oui, mais seulement pour protéger de la pluie. Il faut rester sur une configuration de tournoi extérieur »

Sur Roland-Garros, vous êtes favorable à l’instauration du toit ? Le projet traîne pourtant… 

Oui, ça traîne, mais après il faut savoir ce qu’on veut en faire. Si le toit est là pour pouvoir jouer si il y a des intempéries ? Bien sur. Mais on ne doit pas jouer en salle. Ça doit rester quelque chose qui fait l’ADN de la terre battue : le plein air. Il faut rester sur une configuration de tournoi extérieur. On ne peut pas jouer jusqu’à minuit ou plus. Le toit, oui parce qu’on a eu par exemple des finales que se sont jouées le lendemain, dans des conditions totalement changeantes. Celui qui était en avance ou à l’aise la veille ne l’était plus le lendemain. C’était une finale entre Novak Djokovic et Rafael Nadal.

C’est ce qui fait le charme de Roland-Garros, puisque malgré les critiques, au final, tout le monde revient…

Oui, tout le monde revient, le spectacle est toujours là, et ce sont les meilleurs qui sont là. Alors, un toit, oui, mais seulement pour protéger de la pluie. Il faut garder l’esprit d’aujourd’hui.




Restez connecté(s) sur notre site, la troisième et dernière partie de l’interview de Marc Maury arrive bientôt.

Elle sera accompagnée de la vidéo de cette seconde partie.

En attendant,

découvrez ou redécouvrez la première partie de cette interview, en vidéo :





Interview écrite, montée et réalisée par Alexandre BOERO

(Twitter @AlexBoeroOff – Facebook @alexandreboerocom)

Crédits photos :  Alexandre Boero 


Publié le 5 mars 2017 à 17h40

 

 

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