#Rio2016 #Athlétisme – L’athlétisme français réalise des Jeux Olympiques historiques

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Renaud Lavillenie (FRA) é prata no Salto com Vara no Atletismo da Olimpíada Rio 2016 realizado no Estádio Olímpico.
Renaud Lavillenie (FRA) é prata no Salto com Vara no Atletismo da Olimpíada Rio 2016 realizado no Estádio Olímpico.

Alors que les Jeux Olympiques de Rio s’achèvent, il est l’heure de faire le bilan de l’athlétisme français. Avec six médailles au compteur, le cru 2016 est exceptionnel puisqu’il s’agit tout simplement de la plus belle moisson pour la discipline depuis le début de l’ère moderne des Jeux.

Pas vraiment pourvoyeur de médailles par le passé, l’athlétisme français a réalisé l’exploit au Brésil d’établir son meilleur bilan depuis le début de l’ère olympique moderne. Grâce à Mélina Robert-Michon (disque), Christophe Lemaitre (200 m), Dimitri Bascou (110 m haies), Mahiedine Mekhissi (3 000 m steeple), Renaud Lavillenie (saut perche) et Kévin Mayer (décathlon), les athlètes tricolores peuvent revenir en France avec le sentiment du devoir – bien – accompli.

Un bilan flatteur

La France n’avait pas été autant en réussite dans une olympiade depuis les Jeux de Londres en 1948 et les huit médailles ramenées par les tricolores. C’était le temps de la polyvalente Micheline Ostermeyer et du mythique fondeur Alain Mimoun. Une autre époque. Jusqu’à aujourd’hui, les éditions de Los Angeles (1982, trois médailles) et d’Atlanta (1996, quatre médailles) étaient encore les exceptions d’une discipline maudite aux Jeux Olympiques.

2016 restera dans les mémoires. Avec six médailles, l’athlétisme tricolore est bel et bien de retour aux affaires. Avec la boxe, dont le bilan est tout aussi exceptionnel (six médailles également), l’athlétisme est donc la discipline qui aura permis à la délégation française de décrocher le plus de médailles. Une vraie renaissance à des années lumières de certaines éditions, comme en 2000 à Sydney où pour la première fois depuis les Jeux Olympiques de Berlin en 1936, la France était rentrée bredouille.

La polyvalence comme atout de cette équipe de France

Ce qui fait incontestablement la force de cette équipe de France d’athlétisme, c’est son homogénéité. Les bleus peuvent briller dans la plupart des disciplines et avec des athlètes issus de générations différentes. Les six médailles obtenues par les français l’ont été par six athlètes différents.

Derrière l’intouchable Bolt et son héritier De Grasse, Christophe Lemaître est monté sur le podium du 200 m après sa troisième place historique. Et le tricolore ne l’a pas volé. A 26 ans, il confirme tout son potentiel et peut se targuer d’être désormais médaillé en individuel dans tous les grands championnats auxquels il a participé. Il est aussi le premier français à monter sur un podium olympique du 200 m depuis 56 ans et Abdoulaye Seye (en bronze aux jeux de Rome en 1960). Remarquable.

Il était en feu. En battant plusieurs de ses records personnels, Kévin Mayer a prouvé qu’il était un des grands bonhommes du décathlon mondial. Et il aura fallu un Ashton Eaton héroïque pour lui empêcher de rafler la médaille d’or. Car le français est passé prêt de l’exploit. Après la dernière épreuve de la compétition, il établit un tout nouveau record de France avec 8 834 points et devient par la même occasion le 6ème meilleur performeur mondial de tous les temps de la discipline. Stratosphérique. Il est aussi le digne successeur de Ignace Heinrich, dernier médaillé français du décathlon, en 1948.

On s’attendait bien à voir triompher le recordman du monde du saut à la perche, Renaud Lavillenien, champion olympique à Londres. Mais c’était sans compter sur le brésilien Thiago Braz – et son public un brin chatouilleur dira-t-on – auteur du concours de sa vie, qui est venu empêcher le français de conquérir un second sacre olympique consécutif. Lavillenie est finalement médaillé d’argent.

Mélina Robert-Michon aura procuré de belles émotions au clan français avec sa médaille d’argent et son nouveau record de France (66m73). Déjà vice-championne du monde à Moscou en 2013, la française, qui a déclaré « vouloir continuer » est la preuve qu’à 37 ans, tout est encore possible à très haut-niveau. Sa performance est d’autant plus exceptionnelle que la France n’avait plus eu de représentante sur un podium olympique dans cette discipline depuis 1948 (l’or pour Micheline Ostermeyer, le bronze pour Jacqueline Mazéas). De quoi donner d’autant plus de motivation à la jeune génération.

Le tout nouveau champion d’Europe du 110 m haies, Dimitri Bascou, a confirmé ses excellentes performances récentes en décrochant une remarquable médaille de bronze dans l’épreuve. Il est le premier médaillé olympique français dans la discipline depuis Guy Drut, c’était en 1976. A 29 ans, la porte est encore ouverte pour monter un peu plus haut.

La médaille de bronze de Mahiedine Mekhissi dans l’épreuve du 3 000 m steeple est la plus paradoxale. Arrivé 4ème, il est reclassé 3ème après avoir entraîné la disqualification du double champion olympique et quadruple champion du monde kényan Ezekiel Kemboi, suite à une réclamation de la fédération française. Mekhissi est devenu à Rio le premier athlète de sa spécialité à avoir gagné trois médailles en autant d’olympiades.

C’est peut-être parti pour durer

Derrière les médaillés français, plusieurs athlètes sont passés près du podium, d’autres étaient en capacité d’y figurer mais ont échoué. Voilà pourquoi le bilan français, si le sport n’est pas une science exacte et qu’il aurait pu être pire, aurait pu être encore meilleur.

Jimmy Vicaut croyait en ses chances. Lui qui a égalé son propre record au mois de juin à Montreuil en 9s86. Avec ce temps-là, le français aurait été médaillé d’argent à Rio. Avec son temps des Championnats de France toujours au mois de juin (9s88), il aurait été couvert de bronze aux Jeux. Oui mais voilà, Jimmy Vicaut est encore jeune, et à 24 ans, ses performances dans les grandes compétitions restent encore en-deçà de ses capacités. En témoigne son chrono des Championnats d’Europe cette année, où il n’avait pris « que » la 3ème place, en 10s08. Toujours est-il que le co-recordman d’Europe du 100 mètres est devenu le quatrième français à accéder à une finale olympique de l’épreuve reine. Le goût d’une défaite, mais une odeur de médaille.

Pierre-Ambroise Bosse manie aussi bien l’humour que le suspense. Meilleur temps des demi-finales du 800 m, le français échoue finalement au pied du podium (4ème) en finale. Toujours lucide dans ses analyses et avec une belle répartie, le nantais reconnaît sa défaite et affirme s’être éclaté. Scène cocasse, il fait un coucou à son chat en pleine interview en direct. On n’en doute pas, il sera des très grands rendez-vous avenirs.

A l’instant de Dimitri Bascou, Pascal Martinot-Lagarde, 24 ans et détenteur du record de France depuis deux ans (12s95) aurait pu monter sur le podium olympique. Il termine 4ème de la finale du 110 m haies. A l’inverse, Yohann Diniz est un vieux briscard de l’équipe de France. Longtemps en tête du 50km marche avant de craquer physiquement et de finalement terminer 7ème, le recordman du monde de la discipline pourrait être tenté, malgré ses 38 ans, de continuer l’aventure. Peut-être jusqu’à Tokyo qui sait. La jeune française Rénelle Lamotte, 22 ans et vice-championne d’Europe en titre ne s’est pas qualifiée pour la finale, mais elle a engendré une expérience qui lui sera très précieuse dans les années à venir. Il ne faut pas non plus oublier le grand absent de la délégation française d’athlétisme, le triple sauteur Teddy Tamgho, champion du monde 2013 de la spécialité. Si le parisien enchaîne les blessures depuis son titre planétaire, on peut espérer qu’il finira pas revenir tôt ou tard à la compétition avec en ligne de mire une première participation aux Jeux Olympiques.

Les athlètes cités font partie d’une liste non-exhaustive de sportifs capables de décrocher de nouvelles médailles pour la France lors des prochaines échéances internationales avec comme objectif, les Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020. Certains y seront, d’autres seront peut-être passés de l’autre côté de la piste, afin de voir éclore de nouveaux talents. C’est tout le mal qu’on souhaite à l’athlétisme français.

Alexandre Boero

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