« Le César » et « Les Variétés », cinémas emblématiques de Marseille, en redressement judiciaire

Deux cinémas historiques de Marseille, Le César situé sur la place Castellane, et Les Variétés, sur la Canebière, ont été placés en redressement judiciaire, hier, par le Tribunal de commerce de Paris.

 

Le César et Les Variétés, c’est 1 181 places à eux deux, soit plus de 10 % des sièges qu’offrent la cité phocéenne à ses habitants. Les deux établissements ont été placés en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Paris, hier, le 5 octobre 2016.

Comment en est-on arrivé là ?

Galeshka Moravioff, à la tête du groupe Bastille Saint-Antoine, qui gère les deux cinémas, est endetté à hauteur de deux millions d’euros et doit notamment plus de 300 000 euros d’impayés de loyers à la ville de Marseille et 12 000 euros d’électricité à la compagnie EDF. Les salariés des deux cinémas ne sont plus payés depuis le mois de juin 2016.

Hier, l’arrivée d’un nouvel investisseur aurait convaincu le tribunal, mais pas forcément Florence Pazzottu, membre de l’association « Les Amis et Partenaires des Variétés », qui soutient les salariés et veut promouvoir la diversité de la création cinématographique et d’autres formes d’art et de pensée. L’association accueille chaque semaine de nouveaux adhérents, souvent des acteurs du monde de la culture. Ils sont plus de 700 aujourd’hui.

Qui pour la reprise ? 

A l’annonce de la décision, l’écrivaine, jointe par alexandreboero.com, est restée sereine, mais méfiante : « on vient d’apprendre que Monsieur Jean Mizrahi s’est positionné. Nous restons dans l’attente tout en renforçant notre mobilisation pour les Variétés. Nous restons derrière les salariés. »

L’annonce du redressement judiciaire a été accompagnée d’une période d’observation de 6 mois, qui sera peut-être décisive.

Jean Mizrahi, le potentiel repreneur, est le Président et Fondateur de la société française Ymagis, cotée en bourse depuis 2013. Un intérêt qui annonce peut-être un futur meilleur pour les deux cinémas marseillais. L’entreprise de l’homme d’affaires parisien a déjà un pas dans le cinéma puisqu’elle équipe en écrans numériques une majorité des salles obscures du pays. Mais il en faudra sans doute plus pour dissoudre le brouillard autour de ce dossier sensible, dont treize salariés restent soumis à son épilogue.

Alexandre BOERO

Crédit photo : Google Streetview