Interview – A la rencontre de Ariane Séguillon, comédienne de la pièce “Représailles”

Elle est une comédienne accomplie. Théâtre, télévision, cinéma et one-woman show, Ariane Séguillon est une touche-à-tout. Celle qui a côtoyé Philippe Noiret, Dany Boon ou encore Nicole Kidman nous parle en exclusivité de la pièce de théâtre dans laquelle elle figure, Représailles, avec Michel Sardou ou encore Marie-Anne Chazel, et nous raconte son histoire, ses rencontres, ses projets, et ce qu’elle pense des médias.

 

¤ Première partie : Ariane et “Réprésailles” ¤ 

 

Ariane, comment s’est construite cette collaboration avec l’équipe de Représailles ?

J’ai intégré l’équipe fin septembre et remplacé Valérie Vogt. A l’époque, je n’étais pas sur le projet et je tournais un film. Ils ont fait des essais, mon agent m’a appelée et j’ai passé des essais, avant d’être sélectionnée.

Vous êtes folle de théâtre, mais pourtant ça faisait plusieurs années que vous n’aviez pas joué dans une pièce…

Je n’avais pas fait de théâtre depuis 2008. J’appréhendais d’y revenir. La dernière pièce dans laquelle j’ai pu jouer, c’était Thalasso d’Amantha Sthers, avec Gérard Darmon, Thierry Frémont et Jean-Philippe Ecoffey.

C’est une vraie passion…

J’adore. Vous savez, c’est une vie de troubadour. C’est compliqué dans le sens où on ne voit pas beaucoup sa famille. Mais c’est une chouette expérience. Là par exemple, on aura 15 jours de repos pour Noël.

Représailles, c’est quand même un sacré casting. Monsieur Michel Sardou, Marie-Anne Chazel, comment vous les percevez au théâtre ?

Michel, c’est la force tranquille. On sent qu’il a ça dans le sang. Il est tombé dedans quand il était petit. Il est vraiment pro, adorable. Marie-Anne, elle, c’est un rayon de soleil, elle a un peps incroyable. En plus elle est attentionnée, elle donne souvent des conseils, avant ou après être montée sur scène. Et puis je suis fan d’elle de la première heure et de la troupe du Splendid.
Tenez, pour vous raconter une anecdote, avec mes frères nous avons deux films fétiches : Le Père Noël est une ordure et The Party de Peter Sellers, qui est pour moi le film le plus drôle du monde d’ailleurs !

“Mon personnage […] elle fout le bordel”

Que pouvez-vous nous dire de votre personnage dans la pièce ?

Mon personnage… Eva, c’est une fille gentille, quelqu’un qui ne voit jamais le mal. Elle fout le bordel quand elle arrive en clamant qu’elle attend un enfant de Francis (Michel Sardou), croyant qu’il divorce. Mais elle fait tout dans la gentillesse, dans la générosité. C’est un personnage très drôle, elle est complètement à côté de la plaque. Elle parle très fort. Et puis elle n’est pas arrangée, elle porte une espèce de perruque blonde qui ne lui va pas vraiment. Elle se prend pour Kim Wilde.

Travailler aux côtés d’Eric Assous, auteur de la pièce, ça amène un petit supplément de pression ?

Eric est quelqu’un de très sympa, et puis, c’est quelqu’un de brillant, de très prolifique. Il écrit tout le temps de nouvelles pièces.

Les jours de représentation, comment ça se passe ? Vous mangez tous ensemble par exemple ?

Ça dépend des fois. Ça dépend de l’état de fatigue. Parfois on mange tous ensemble, d’autres fois on mange dans nos chambres respectives.

Après les représentations, c’est l’épuisement ?

Quand on a joué, pour redescendre, il faut trois ou quatre heures. On ne peut pas sortir de scène et aller se coucher, c’est impossible.



¤ Deuxième partie : Ariane Séguillon, comédienne reconnue aux talents multiples ¤

 

On a l’habitude aussi de vous voir sur le petit écran. Vous avez joué dans la série Soeur Thérèse.com, diffusée sur TF1. Quelle est votre actualité Ariane ?

On a fait ça pendant huit ans avec Dominique Lavanant et Martin Lamotte, que j’adore. C’était une belle aventure. Et en même temps, entre chaque tournage, on avait beaucoup de temps libre, ce qui m’a permis de faire autre chose.
J’ai aussi participé à la série Tiger Lily, 4 femmes dans la vie, avec Lio, Camille Japy et Florence Thomassin, qui est devenue une de mes grandes amies.

Ariane Seguillon et Pierre Arditi en plein tournage
Ariane Séguillon et Pierre Arditi, en plein tournage

Je viens aussi de tourner un téléfilm avec Pierre Arditi, en juin, Retour à Nantes, qui fait partie de la série Le sang de la vigne et qui devrait être diffusée peut-être début 2017. Je vais apparaître également dans le film d’Amanda Sthers* avec Toni Collette, Harvey Keitel et Rossy de Palma. C’est un film en anglais et c’était ma troisième collaboration avec Amanda.
*Madame

Vous avez aussi tourné pour Olivier Dahan ?

Oui, même si c’était un tout petit rôle, c’était quand même assez incroyable puisque c’était avec Nicole Kidman dans Grace de Monaco.

Vous étiez impressionnée ?

J’ai du mal à être impressionnée. Non pas dans le sens que j’ai la grosse tête ou autre, mais dans le sens où je suis aussi tombée dedans quand j’étais petite. Je me dis que derrière chaque acteur ou actrice, au final, il y a un être humain comme vous et moi.
Mais j’ai eu une chance incroyable de côtoyer Nicole Kidman, pendant deux jours sur le tournage. Je l’ai trouvée très sympa, simple et nature. Au début j’ai trouvé bizarre qu’on lui confie ce rôle. Mais quand je l’ai vu habillée en Grace Kelly, je me suis dit « ouaw ». C’est une actrice merveilleuse.

Alors décidément vous avez un sacré pedigree puisque vous avez aussi joué avec Dany Boon ?

C’est une histoire rigolote puisqu’il était avec moi au cours Simon, avant que je passe chez Florent. C’était aussi une petite participation. Mais c’était amusant.

“Le one-woman show, “la plus grosse peur de toute ma vie“”

Plus surprenant, vous avez fait un one-woman show ? Racontez-nous ça Ariane.

C’était en 2008, juste avant Thalasso. La plus grosse peur de toute ma vie. Je m’étais éclatée. En plus je m’étais directement lancée à Paris, sans faire de dates de rodage. J’ai joué trois fois par semaine pendant trois mois. On a commencé au Petit Gymnase et on avait fini au Moyen Gymnase. On a fait des soirs à 5 ou 6 personnes. Je me souviens d’un soir où il y avait 5 personnes, j’étais déprimée. Mais au final, elles étaient tellement avec moi, tellement concernées, que j’avais l’impression de jouer devant 1 000 personnes. Par contre, il y avait un monde fou pour la première. Avant de monter sur scène j’ai dit à ma productrice que je voulais m’en aller, m’exiler au Venezuela, je me demandais ce que je faisais là (rires). C’est un très gros travail. C’est un peu un saut à l’élastique le one-man. Il faut savoir jouer avec le public par exemple, et ça on le comprend pas tout de suite, ça prend du temps. Il faut être extrêmement précis dans la gestuelle pour arriver à emmener les gens dans un univers.

L’envie d’en refaire un existe ?

Oui, j’aimerais vraiment retenter l’aventure du one-woman un jour. J’écris plein de carnets. Tout le monde me dit « toi t’es drôle dans la vie vas-y ». Mais c’est pas si facile ensuite de l’être sur scène. Je prends l’exemple de Gad Elmaleh. Il se sert de chaque situation qu’il vit au quotidien. Et sincèrement, je ne sais pas si j’ai cette technique. C’est ce qu’il y a de plus difficile.




Vous écrivez autre chose en ce moment ?

Oui, j’écris un long-métrage en ce moment… mais je ne vous en dirai pas plus sur le sujet. Mais je collabore avec Aurélien Drach, qui est extrêmement talentueux, que j’ai rencontré sur la seule pub que j’ai tournée.

Une personne, un acteur qui vous a sincèrement marqué dans votre carrière ?

Philippe Noiret. C’était sur le film d’un ami qui s’appelle Stéphane Guérin-Tillié. J’avais un petit rôle dedans, et Stéphane m’appelle et me dit : soit tu choisis de jouer une gardienne de 50 ans – alors que j’en avais 35 à l’époque – soit tu choisis de jouer une fille qui se met à poil et se fait assassiner dans sa baignoire. J’ai choisi la gardienne hein ! (rires) Deux jours avant je l’avais vu [Noiret] dans l’Africain. A la lecture du scénario, il est arrivé habillé tout en blanc, comme dans le film ! Il était assis entre Marion Cotillard et moi, on était toutes les deux intimidées. Je lui dis « excusez-moi mais j’ai l’impression d’être assise à côté de la Tour Eiffel ». Il me répond « oh c’est gentil ça, j’aime bien la Tour Eiffel ». Je tremblais pour lire à la lecture. Il m’avait vraiment impressionnée. Il avait un truc spécial, une aura incroyable.

 

¤ Dernière partie : ce que pense Ariane des médias ¤

 

Parlons médias. Alors Ariane, vous regardez quoi à la télévision ?

Je suis très branchée séries, plutôt américaines d’ailleurs. Game of Thrones j’adore je trouve que c’est un chef-d’œuvre. J’aime aussi Greys Anatomy, Vampire Diaries. Je viens d’une famille plutôt intello, mais j’aime tout ce qui est populaire.

Et les émissions télé ?

J’ai été reçue dans Touche pas à mon poste ! Cyril Hanouna était très sympa, j’ai aussi été invitée dans le Grand Journal à l’époque où Denisot présentait. J’aime bien aussi On n’est pas couché. Laurent Ruquier fait du bon travail.

Il ne vous a jamais invitée ?

Jamais non. J’espère qu’il le fera un jour.

Un animateur ou animatrice fétiche ?

J’adore Virginie Guillaume, qui est une amie. Elle mérite d’être plus mise en avant. Elle n’est pas juste belle. C’est un rayon de soleil, elle a beaucoup de talent. Ce serait bien qu’on lui confie une émission, peut-être de théâtre ou de cinéma.

Sincèrement, une émission que vous ne regarderiez pour rien au monde ?

Il y a pas longtemps j’ai été malade, et je pense que de ma vie entière, je n’ai jamais ri autant. C’est le truc le plus génialement nul. Les Chtis et les Marseillais contre le reste du monde. Ils sont heureux dans ce qu’ils font. Ça me fait marrer.

Ils sont bons comédiens vous pensez ?

Oh non justement, je pense qu’ils sont à la télé tels qu’ils sont dans la vie. Plus vrai que nature.
Mais au départ, je regardais ça pour me dire qu’il ne faut pas que je meurs idiote quand même. Mais c’est drôle. Et en même temps, le fait de vivre les uns sur les autres pendant un moment, ça pourrait rendre beaucoup de gens débiles.

Enfin, Koh-Lanta, Danse avec les stars, ça vous botte ?

Non, je n’ai jamais regardé. Par contre, j’adore The Voice.

Merci Ariane pour votre disponibilité et votre sympathie, je vous souhaite au nom de tous les lecteurs de alexandreboero.com, une très belle tournée et une grande réussite dans vos projets futurs !

Merci à vous Alexandre, à bientôt !

Interview réalisée par Alexandre BOERO, à l’occasion de la venue de la troupe à Marseille au mois d’octobre.

Crédit photo : Alexandre BOERO – Ariane SEGUILLON / Twitter Ariane Séguillon @ASeguillon 


Représailles, une comédie de théâtre écrite par Eric Assous. En tournée jusqu’en février 2017 ! 

Artistes : Michel Sardou, Marie-Anne Chazel, Ariane Séguillon
Metteur en scène : Anne Bourgeois

3 commentaires sur “Interview – A la rencontre de Ariane Séguillon, comédienne de la pièce “Représailles””

Laisser un commentaire