Interview exclusive – A la rencontre de Hiba Tawaji, la nouvelle Esmeralda

alexandreboero.com a eu le privilège d’interviewer Hiba Tawaji, la nouvelle Esméralda de la mythique comédie musicale « Notre-Dame de Paris », qui fait son retour en France. Connue du grand public dans l’hexagone pour avoir participé à The Voice en 2015, la chanteuse libanaise, véritable star en son pays, évoque avec nous son parcours, de son enfance jusqu’à aujourd’hui, et revient sur les événements marquants de sa vie d’artiste, tout en douceur. Premier volet d’une interview exclusive.

 

¤ Première partie : Hiba, une passionnée de musique, amoureuse de la France ¤

Hiba, on peut dire que la musique et vous, c’est une vraie relation…

Depuis toute petite, la musique m’a accompagnée. J’ai grandi avec la musique orientale. J’ai aussi fait mon propre travail. Vu que j’étais dans une école francophone, je parlais le français, l’anglais et l’arabe. J’ai très vite eu un amour pour la chanson française, anglaise-américaine. Je regardais les émissions télé où je découvrais plein d’artistes internationaux.

Hiba, sur le plateau d'Amanda, sur France 2 - Twitter @AmandaF2
Hiba, sur le plateau d’Amanda, sur France 2 – Twitter @AmandaF2

Par rapport à la musique, comment vous étiez étant plus jeune ?

Enfant j’étais plutôt timide, réservée, j’étais plus observatrice que actrice. Je ne voulais pas être le centre de l’attention. En grandissant, j’ai été de plus en plus ouverte, sociable. La musique m’aidait à m’exprimer et à me libérer. Quand mes parents ou mes frères et sœurs sortaient, je chantais devant ma glace, je m’imaginais sur de grandes scènes, faire des spectacles. J’ai même des photos de moi de quand j’avais cinq ans, j’étais sur la scène de l’école pour les fêtes de fin d’année et je jouais les premiers rôles pour chanter. On avait remarqué que j’avais une oreille musicale et que j’adorais ça.

Depuis quel âge vous maîtrisez le français et l’anglais ?

J’ai commencé à apprendre ces deux langues à partir de 4 ans, dans une école française. Ensuite j’ai demandé à mes parents de m’inscrire dans des cours de chant et musique quand j’avais 14 ans. J’ai suivi des cours de chant lyrique, solfège, un peu de piano, un peu de chant moderne. J’ai fait ça pendant 4 à 5 ans dans une académie de musique au Liban.

Votre amour pour la musique a eu des effets sur votre scolarité ?

A l’école j’étais sérieuse et studieuse. La musique, c’était quand j’avais du temps libre. Je n’étais pas très brillante, mais j’avais de bonnes notes. Quand je suis entrée à l’université, j’ai choisi de faire une licence Arts du spectacle, en cinéma et en réalisation. Je voulais choisir un domaine complémentaire à la musique et qui pouvait nourrir cet amour à la musique.




Vint donc la période universitaire et la rencontre de votre producteur…

En première année, j’ai rencontré une amie qui dansait dans une troupe de comédie musicale au Liban. Elle faisait partie de la troupe de la famille Rahbani, très connue, iconique au Liban dans le monde du spectacle. Je lui ai demandé de me présenter à un membre de la famille Rahbani. Et c’est ainsi que j’ai rencontré Oussama Rahbani, mon producteur, celui qui m’accompagne dans chaque étape de ma carrière. Il est mon mentor !

Comment en êtes-vous venus à travailler ensemble ?

Je suis une grande admiratrice de ses productions, de son travail de sa musique. Je l’ai rencontré en 2007, j’avais 19 ans. A ce moment-là, il m’écoute et remarque que j’ai beaucoup étudié, que j’aimais la musique et que j’avais la volonté de réaliser mon rêve, en ayant le potentiel et le talent nécessaires. Un an plus tard, après un travail au quotidien avec lui, j’ai pu faire évoluer ma voix. Et en 2008, il m’a fait faire mon premier pas professionnel en m’offrant le premier rôle dans une de ses comédies musicales.

Ce fut le début d’une longue collaboration ?

Tout à fait, depuis 2008 on enchaîne les collaborations, j’ai joué le rôle principal dans 4 de ses comédies musicales, en 2008, 2009, 2011, et la dernière cet été. Ensemble on a travaillé et sorti trois albums. C’est lui qui a produit et composé les musiques de tous mes albums et de mon nouvel album en arabe qui sortira prochainement. Je lui dois énormément.

Et votre rêve de chanter à l’étranger, plus particulièrement en France, est devenu réalité..

La chance est venue à moi et c’est Bruno Berberes, qui est le directeur de casting de The Voice, qui m’a repérée sur Youtube. A l’époque il prend contact avec moi et me dit « on t’a repéré, on aime beaucoup ce que tu fais, on a vu que tu pouvais chanter aussi bien en arabe qu’en français ou en anglais ». J’ai été invitée à faire le casting de The Voice. Puis j’ai été sélectionnée. J’ai en beaucoup discuté avec Oussama qui m’a énormément soutenue durant toute l’aventure..

« Participer à The Voice France, c’était un risque, mais j’ai relevé le défi »

Qu’est-ce qui vous attire tant en France Hiba ?

C’est le côté multi-culturel et mon amour pour la langue française. Je parlais le français très jeune. Et au Liban, dans une même phrase, on mélange toujours un ou plusieurs mots français à l’arabe. Ça fait partie de moi et de ma personnalité. C’est pour ça que j’ai fait The Voice entre autres. C’est un choix que je ne regrette pas.

Quels chanteurs français ou francophones vous ont inspiré ?

Beaucoup… et notamment Charles Aznavour, Jacques Brel. J’ai chanté « Ne me quitte pas » sur mon dernier album live. J’aime beaucoup aussi Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Céline Dion, Zazie.

Et Johnny Hallyday ?

Ah oui bien sur Johnny, c’est un très grand artiste !

Je vous verrai bien chanter à ses côtés, vous avec une sacrée voix, Johnny… c’est Johnny, c’est le taulier, comme dirait Nikos Aliagas…

C’est un grand rêve oui, j’espère un jour.

¤ Deuxième partie : l’incroyable parenthèse The Voice ¤

 

Comment votre participation à l’édition française de The Voice a-t-elle été perçue au Liban ?

La majorité des gens m’a encouragée, car participer à The Voice France c’était la possibilité d’être connue ailleurs que dans son pays. Mais il y a eu aussi des personnes contre, car pour elles c’était un peu mettre en péril ma carrière au Liban. Je prenais un risque, mais j’ai voulu relever le défi, une belle aventure, à 26 ans. Je voulais tracer ce lien avec le public français, car j’ai grandi avec les chansons françaises. A partir de ça, j’ai fait l’audition à l’aveugle, les quatre coachs se sont retournés. C’était un moment inoubliable, et je suis arrivée en demi-finale.

Hiba Tawaji, lors de la saison 4 de The Voice sur TF1
Hiba Tawaji, lors de la saison 4 de The Voice sur TF1

Et le choix de Mika, vous aviez une relation particulière avec lui, un lien naturel ?

Mika est très attentionné, intelligent. Et en même temps, il est très direct. Il ne prend pas de pincettes pour nous dire les choses. Mika a cette honnêteté et cette sincérité. Il est aussi très observateur et est toujours dans l’analyse. Après The Voice, j’ai gardé contact avec lui. Il m’a contactée pour voir ce que j’avais envie de faire, les projets que je préparais. Ça nous arrive de nous parler et d’échanger des messages. Parfois je lui demande conseil sur mes projets artistiques

Il y a eu la déception d’être éliminée en demi-finale ?

Bien sur qu’il y a eu une petite déception. On espère tous, en participant à cette émission, aller au bout. Mais une demi-finale c’est tout de même très beau. J’ai quand même fait la tournée de The Voice, rencontré plein de gens formidables. Ça m’a ouvert des opportunités comme Notre-Dame de Paris et la signature avec le label Mercury France, avec lequel je travaille sur mon premier album en français.

¤ Troisième partie : la reconnaissance en France et le rôle d’Esmeralda dans Notre-Dame de Paris ¤

 

Au mois de mai, les producteurs de Notre-Dame de Paris ont annoncé que vous seriez la nouvelle Esmeralda… bon, on ne va pas se le cacher Hiba, les gens ne vont avoir d’yeux que pour vous… Comment s’est faite la sélection ?

Le producteur de la comédie musicale, Luc Plamondon et Richard Cocciante ont vu mes prestations sur The Voice, ils ont regardé ce que je faisais. Ils ont vu j’avais fait plusieurs comédies musicales dans le Moyen-Orient… tout ça a fait qu’ils ont porté leur choix sur moi pour jouer ssmeralda, pour ma plus grande joie !

« Notre-Dame de Paris, j’en connaissais les chansons par coeur à 12 ou 13 ans. »

Notre-Dame de Paris, c’est la comédie musicale star en France, celle qui a lancé le genre.. et vous en avez rôle central..

C’est la comédie musicale qui a eu le plus de succès à travers le monde et dans tous les pays francophones. Au Liban, j’avais 12 ou 13 ans et je connaissais les chansons par coeur. C’est un spectacle tellement beau, si touchant et complet qu’on ne peut pas ne pas être séduite par ce rôle. C’est un rêve de jeune fille qui se réalise.

Le coup d’envoi sera donné dans trois semaines au Palais des Congrès le 23 novembre à Paris, vous devez avoir hâte j’imagine… et en même temps vous devez êtes anxieuse, stressée ?

Bien sur, ça approche, mais c’est une belle pression. C’est l’adrénaline, on se régale avec les répétitions et on a hâte que ça commence.

Les répétitions durent depuis combien de temps ?

On a commencé à travailler il y a quelques mois, et on a commencé les répétitions il y a quelques semaines. On travaille avec Richard Cocciante sur les chansons. Et on bosse nos déplacements sur scène, les chorégraphies avec le metteur en scène. On veut proposer le plus beau spectacle possible.

C’est quoi la journée type en ce moment ?

On travaille de 9h du matin jusqu’à 18h le soir, 5 à 6 fois par semaine. On vit vraiment le spectacle. Je mange, je déjeune, je dîne avec les chansons. Il n’y a pas de pause. On est dans le spectacle, partout où on va.

Vous êtes aussi beaucoup sollicitée par les médias ?

J’ai eu la chance de faire de très belles émissions télé ces derniers temps, c’est vrai.



Découvrez le deuxième et dernier volet de cette interview en exclusivité sur alexandreboero.com. La belle Hiba nous parlera des médias, de Disney, et évoquera aussi avec nous sa carrière de réalisatrice.


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Nous remercions sincèrement Hiba pour sa douceur et sa disponibilité, ainsi que Peter Murray.

 

Interview réalisée par Alexandre BOERO (Twitter @AlexBoeroOff)

Crédit photo : France 2 / TF1 / Twitter @hibatawaji / Twitter @bisara7a