Netflix injecte 8 milliards pour produire 80 films en 2018, mais…

La plateforme de séries et films en streaming Netflix ambitionne de devenir un acteur indispensable et un mastodonte de la production cinématographique américaine. Mais pour assurer cette volonté iznougoudienne (être calife à la place du calife, ndlr), les abonnés auront une mauvaise surprise.




La société créée en 1997 sous la forme d’un vidéoclub en ligne n’a cessé de grandir en l’espace de 20 ans, à tel point que Reed Hastings en a fait un des concurrents direct aux plus vieux des studios hollywoodiens.

Et pour mettre fin, ou tout du moins s’ériger en fer de lance d’un nouveau modèle économique basé sur le tout digital, la firme de Los Gatos (Californie et non au Mexique, ndlr) s’apprête à investir des sommes colossales pour ne plus être dépendante des catalogues des autres studios, mais aussi de leur concurrence, notamment celle de Disney.

Pour cela, entre 7 et 8 milliards de dollars seront investis dans la production de 80 films. Une fois passées les reconnaissances reçues de la part de Cannes et du public pour Okja, Netflix passe à la vitesse supérieure avec le retour de Martin Scorsese derrière la caméra pour le très attendu The Irishman. Et qui dit mafia, dit ? De Niro et Al Pacino, rien que ça.




Objectif 116 millions d’abonnés fin 2017

Cette somme extravagante, comparée au possible investissement de HBO estimé à 2 milliards, devra non seulement permettre de gonfler la base d’abonnés, dépassant aujourd’hui les 110 millions de personnes dans le monde, avec pour objectif dévoilé le chiffre de 116 millions de contrats signés à la fin de l’année 2017.

Tout en sachant que l’année dernière, ces millions de cartes de crédit enregistrées dans les serveurs du nouveau géant américain de l’entertainment avait généré 8,830 milliards de dollars, le nouveau producteur à la mode va devoir faire appel de nouveau au marché boursier, en éditant de nouveaux titres pour financer ses investissements.

Outre les abonnements, Reed Hastings s’appuie sur l’exemple Disney et la très lucrative saga Star Wars, que les amis de Mickey sont en train d’user jusqu’à la dernière trace d’ADN susceptible d’être retrouvée, mais surtout des ventes de merchandising tout bonnement incroyables, puisque Star Wars : le Réveil de la Force a tout simplement fait entrer près de 5 milliards de dollars dans les caisses du château enchanté.

 

Pour alimenter cette folie des grandeurs, les prix des abonnements augmentent…

Dans sa folie des grandeurs, le créateur et dirigeant de Netflix a annoncé vouloir dépenser 1 milliard supplémentaire dans le marketing, afin de conquérir de nouvelles parts de marché…

Ainsi, en 2018 les abonnés devraient voir affluer une déferlante de films et autres séries plus ou moins originales, mais ce n’est pas tout, car pour financer ce plan d’ampleur, les marchés financiers ne sont pas les seuls réquisitionnés. Les abonnements augmenteront. Pour ceux bénéficiant de deux écrans, la surcharge sera d’1 euro (10,99 euros), et 2 euros pour ceux ayant plus de 3 écrans.

Et visiblement, le président ne semble pas vouloir s’arrêter à cette petite hausse… Le prix pour accéder à la boîte de pandore ? Sans doute, mais il ne faudra pas oublier que le succès de Netflix réside aussi, mais surtout dans son prix jusque-là abordable.

 






Romain POMMIER

(Twitter @Focus_Malus – Facebook @alexandreboerocom)

Crédit photo : compte Twitter @NetflixFR


Publié le 18 octobre 2017 à 10h25

 

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