Que bilan pour la 1ère de “19H Le Dimanche” avec Laurent Delahousse ?

Le 10 septembre, Laurent Delahousse présentait le 1er numéro de 19H Le Dimanche, le nouvel access prime time du dimanche de France 2. Malgré des défauts, le résultat est encourageant.





En remplacement de Vivement dimanche prochain, désormais à 17h55, la grille de France 2 a vu naître deux nouveaux rendez-vous dominicaux le dimanche 10 septembre 2017. 19H Le Dimanche, qui a précédé le JT de 20 heures, puis 20H30 Le Dimanche, qui l’a suivi.

19H Le Dimanche fut la promesse d’un programme qui allait dépoussiérer la case, jugée trop vieillissante avec Michel Drucker à sa tête. La fin du blues du dimanche soir. Et qui pour incarner ce renouveau, ce rajeunissement ? Laurent Delahousse. Alors que peut-on dire de cette première, qui aura duré un peu plus d’une cinquantaine de minutes ? Si nous sommes convaincus par ce que France 2 a pu proposer, rentrons un peu plus dans les détails.

Une audace dans le choix des sujets d’ouverture

Procédons par ordre chronologique. L’émission a débuté avec la photo de la semaine. Evidemment, c’est l’ouragan Irma qui a imposé sa marque, doublé par un duplex depuis Miami, dont on peut se demander le réel intérêt journalistique, si ce n’est le sensationnalisme. Puis fut diffusée une “Story”, un reportage façon Sept à Huit (le magazine de TF1) d’une bonne dizaine de minutes sur les expériences conduites par Josef Mengele, médecin dans le camp d’extermination d’Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale. Certes, le sujet est poignant, intéressant. Et le témoignage de la survivante est intelligent. Mais pour une première, on s’attendait peut-être à quelque chose de plus léger, de plus fédérateur. De notre point de vue, le reportage était trop extérieur au reste du programme.

 Découvrez les audiences des 2 heures de direct de Laurent Delahousse sur notre site, en cliquant sur l’image ou sur ce lien.

Après cette parenthèse un peu trop longue, fut proposé aux téléspectateurs un focus sur la Corée du Nord, de 5 minutes, au bout duquel a pu rebondir la recrue star de 19H Le Dimanche, Jean-Pierre Raffarin. Bon client, avec une réelle honnêteté intellectuelle loin des clivages gauche/droite, l’ancien Premier ministre en impose. Mais il est trop vite coupé par un reportage qui met en opposition Jean-Luc Mélenchon et Philippe Martinez, le leader de la CGT.

En plateau, Jean-Pierre Raffarin puis Edith Cresson sont ensuite invités à réagir sur la capacité d’Emmanuel Macron à “transformer” le pays, comme il se plaît à le dire. Mais les séquences s’enchaînent très (trop) rapidement. Et il est déjà l’heure de l’interview…

Delahousse + Luchini : duo gagnant ! 

… déjà oui, ou enfin ! Car c’est Fabrice Luchini qui fut l’invité d’honneur de cette grande première. Au passage, son arrivée fut introduite par une “interview imaginaire” menée par la production : ratée, tout simplement. Mais passons.

On ne peut pas remettre en cause le choix de la rédaction de France 2 sur ce coup. Le Parisien est un client rêvé pour faire décoller un programme. Et l’effet est immédiat. Taquin, beau parleur, le comédien enchaîne les envolées lyriques, avec classe et brio. On peut lui même lui attribuer la phrase du soir, lorsqu’il rebondit sur l’actualité, affirmant que “Notre pays ne peut pas être un Martinez, dont la moustache est intrigante”. Voilà qui est dit.

La diffusion de la mini-fiction “Les Verbatims”, presque fidèle reproduction d’un moment de la vie politique, mais avec des comédiens et journalistes, nous permet d’esquisser, de nouveau, un franc sourire. On y retrouve un faux Emmanuel Macron bien inspiré de la série américaine House of Cards, dont le héros président, Kevin Spacey, s’adresse régulièrement à la caméra, à son public.

Après cette dernière, on tient la séquence de la soirée : Fabrice Luchini se lâche, le journaliste à la mèche impecable lui laisse le temps, bon joueur, de s’exprimer à sa guise. Les deux partagent un amusement intellectuel réciproque. Et le résultat fait mouche à l’écran. Pas de faux-jeu. La sincérité domine.

Scène coquasse, c’est avec le bras autour du cou de Laurent Delahousse que l’acteur descend les escaliers, pour s’installer sur la table centrale du plateau où ils retrouvent ensemble Jean-Pierre Raffarin et Philippe Manoeuvre, lançant le Téléphone (vous allez comprendre) sur la table.

Puis place au journal télévisé…

Après le 20 heures, présenté sans fausse note par le nouveau maître de cérémonie des dimanches, place à 20H30 Le Dimanche, sorte d’interview grand format en plusieurs dates. Laurent Delahousse recevait “Les Insus”, réincarnation du groupe Téléphone. La soirée made in Delahousse s’est terminée avec une courte pastille censée être humoristique d’Alex et Hugo, puis en musique, avec un morceau des Stones.




L’avis de la rédaction : 

♦♦♦◊◊ Des défauts, évoqués dans notre article, mais perfectibles. Une vraie bonne première, et surtout de l’audace dans le choix des sujets.

Les  :

  • Laurent Delahousse. Le journaliste a su rebondir d’un sujet à l’autre, d’une présentation à une autre, sans jamais être perturbé. Du grand professionnalisme. On l’a même trouvé relâché. Il paraissait sincèrement heureux en plateau, et son aisance a crevé l’écran.
  • L’invité. Il ne pourra pas revenir toutes les semaines… Fabrice Luchini était, nous l’avons évoqué, l’invité idéal pour une première. Le comédien a joué le jeu, et fait le show.
  • Jean-Pierre Raffarin. S’il n’a pas eu assez de temps de parole selon nous, JPR aura été à la hauteur de ce que nous espérions : une recrue de choix. Le Roselyne Bachelot au masculin.
  • L’audace. Débuter par Auschwitz et la Corée du Nord, il fallait oser ! Mais cela n’a pas fait fuir les téléspectateurs pour autant.

Les  :

Le manque de temps. Beaucoup de sujets, à traiter en tout juste une heure d’antenne. C’est trop peu de temps, et parfois, le tout manquait de clarté.

Un enchaînement trop brusque. Certaines séquences ont paru être de franches coupures, ce qui a pu rompre la bonne dynamique de l’émission. Encore une fois… une heure, ce fut trop court pour un tel nombre de séquences.

20H30 Le Dimanche. Est-ce une nouveau rendez-vous, ou une simple interview XXL un peu stylée ? Pour nous, il est inutile de la détacher du JT. L’interview en soit fut tout de même réussie.

La grande  : Quelles seront les évolutions à venir dès dimanche prochain ? Des séquences vont-elle disparaître ? Qui sera l’invité capable de détrôner Fabrice Luchini ?

Nos conseils :

  • Supprimer la Story. D’une durée de 10 minutes, sa suppression permettrait de répartir un peu plus de temps entre les différentes séquences, et ainsi faire disparaître cette sensation de “pression par le temps”.
  • Allonger la durée de l’émission. Passer à un format d’1h15 pourrait résoudre ce souci d’enchaînement. Mais cela reviendrait soit à raccourcir le talk Vivement dimanche prochain, déjà écourté ; soit à supprimer Stade 2, ce qui pourrait arriver, à terme.





Alexandre BOERO

(Twitter @AlexBoeroOff – Facebook @alexandreboerocom)

Crédit photo : © Nathalie DELÉPINE


Publié le 11 septembre 2017 à 08h45

Alexandre Boero

Journaliste - Expert Média - Spécialiste Sport - Fondateur du site AlexandreBoero.com (1,6 million de visites depuis octobre 2016)

2 thoughts on “Que bilan pour la 1ère de “19H Le Dimanche” avec Laurent Delahousse ?

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