[Long format] Cyril Hanouna en Une de Paris Match : qu’a-t-il dit ?

Cette semaine, Cyril Hanouna fait la couverture du prestigieux Paris Match. L’animateur s’est longuement livré au magazine. Nous avons extrait pour vous les meilleurs passages. 

 

On a pris pour habitude de dire que Cyril Hanouna est “le roi du Paf”. Un seigneur aussi contesté par ses détracteurs, qu’adulé par ses “fanzouzes”. Paris Match est parti à la rencontre de l’animateur de Touche pas à mon poste !, en vacances à Cannes. Pour vous, alexandreboero.com vous rapporte en cinq points les meilleurs passages de son interview accordée au magazine sorti en kiosque ce jeudi 17 août (l’intégralité de l’interview est à lire dans le numéro de Paris Match paru jeud 17 août).

1. Sur TPMP : “L’émission la plus ouverte du Paf”

Alors que Touche pas à mon poste ! reviendra officiellement sur C8 et en direct à partir du lundi 4 septembre à 19h10, Cyril Hanouna est ambitieux. Avec l’expérience et les couacs de la saison précédente, “Baba” poursuit sa mue. “On va faire monter l’émission en gamme. Il n’y aura pratiquement que des journalistes, et une chronique politique” promet-il. L’animateur est au plus haut depuis plusieurs années, sur une chaîne de la TNT qui n’était pas destinée, à sa création, à faire autant parler d’elle.

Pourtant, grâce au trublion de la télévision des années 2010, C8 a su s’imposer comme une des deux plus grandes chaînes hors canaux historiques, avec TMC. Un succès pour Cyril Hanouna, qui attire forcément quelques jalousies. Ce dernier a conscience de la malveillance qu’il subit de certains : “Si demain je ne fais plus que 200 000 téléspectateurs, tout le monde me trouvera très sympathique. C’était d’ailleurs le cas il y a plusieurs années et je faisais la même chose (ndlr : sur France 4)… Les intérêts industriels en jeu sont tels que toutes les critiques envers l’émission s’apparentent à de la guerre économie”.




Cyril Hanouna a su se créer un public. “Le gros du public de TPMP ne regarde plus la télévision, il est sur le Net, sur Youtube ou sur les réseaux sociaux. Chaque soir, nous le ramenons dans le giron télévisuel […] Nous avons su créer une vraie famille”. Là, est la force de l’animateur. Avoir su fédérer en masse, en quotidienne et parfois en prime time, un public qui ne lui était pas a priori destiné. Cela constitue une marque de son impact sur la télévision française. Comme Dechavanne à sa grande époque.

Fier de son émission, et désireux de respecter la philosophie du plus méritant, il estime que “TPMP est l’émission la plus ouverte du Paf. Pas de différence. Tu ne mets pas un mec à l’antenne parce qu’il est noir, juif ou arabe. Mais parce qu’il est bon !”. Qu’on se le dise, Cyril Hanouna n’a pas l’intention de changer : “Si j’enlève la vanne, on devient Mediamag et on fait 400 000 téléspectateurs”.

2. Sur les polémiques et son combat contre l’homophobie : “Ça m’a mis en colère”

Inutile de revenir là-dessus dans les détails, car nous avons tous en tête les polémiques qui ont pu susciter le rejet (voire le mépris) d’une partie des téléspectateurs : les nouilles dans le slip, les propos douteux de certains chroniqueurs, le canular téléphonique… Cyril Hanouna en a pris pour son grade ces derniers mois. Mais le quadragénaire a du caractère. Et surtout, il est costaud : “Cet acharnement a eu l’effet contraire et a suscité l’adhésion des gens autour de moi. Cela n’a fait que renforcer ma détermination, pour l’animation, à faire une émission où tout le monde peut se sentir inclus par le rire et la vanne”, affirme-t-il.

L’animateur considère que les séquences polémiques, “C’est du passé. Que l’on me qualifie d’homophobe m’a mis en colore. Tout ce qui m’est intrinsèquement lié va à l’encontre de l’homophobie : mon éducation dans les valeurs de tolérance et d’ouverture, la diversité de mes potes, ce que je transmets à mes enfants, mon soutien de longue date à des associations qui combattent les discriminations et l’homophobie”.

Ce qui pose problème au Parisien, c’est la multiplication des sanctions. Amende record, rappels à l’ordre… le CSA a eu la gâchette facile avec l’access prime time de C8. Et Cyril Hanouna craint pour l’avenir télévisuel : “On s’achemine doucement vers une police du rire si l’on ne réagit pas. Le public en a marre des donneurs de leçons”.




3. Sur Vincent Bolloré et l’argent : “C’est le seul qui […] croit en moi depuis quinze ans”

On reproche parfois à Cyril Hanouna sa proximité avec l’homme d’affaires si souvent décrié Vincent Bolloré. Mais il assume : “Vincent Bolloré et moi avons d’excellents rapports”. Au moment où le présentateur de TPMP pouvait grimper une marche de l’escalier et signer du côté de M6, l’hésitation fut importante, mais il avait choisi la fidélité au boss de Canal : “Bolloré, c’est le seul qui me suit et croit en moi depuis quinze ans”. Une union pour le meilleur, et pour le pire également.

L’animateur prend avec humour les nombreux commentaires qui comparent sa situation à celle du joueur du PSG, la star Neymar : “Vous n’imaginez pas le nombre de Tweets qui mettent en parallèle le contrat de Neymar de 200 millions d’euros et le mien de 250 millions d’euros”. Et de poursuivre : “Je rappelle que les 250 millions correspondent à un contrat pour produire des émissions pendant cinq ans, ce n’est pas mon salaire”.  Et il dit vrai. En effet, le groupe Canal s’est engagé à injecter 50 millions d’euros par an à la société d’Hanouna, H2O Productions, Mais en échange seulement de programmes produits pour les chaînes du groupe. C’est un peu comme si on reprochait un salaire de 200 millions d’euros à Luc Besson pour son film Valérian, alors qu’il s’agit d’un budget destiné à en financer la production.

4. Sur sa famille : “Mes enfants sont ma soupape de décompression”

Le gamin des Lilas ne parlent pas souvent de ses enfants ni de sa famille en général. Mais il reconnaît néanmoins, “Mes enfants sont ma soupape de décompression”. Bianca, sa fille de 6 ans, et Lino, son fils de 5 ans, sont sa fierté. Et il leur accorde une place centrale dans sa vie.




5. Son rêve : “Créer un jour, comme Coluche, quelque chose comme les Restos du coeur”

Bien sur, Cyril Hanouna a ses défauts. Bien sur, comme tout patron d’entreprise, il lui arrive d’être irritable, désagréable même. Mais sa générosité n’est plus à prouver.

Malgré cela, l’animateur veut aller encore plus loin, et apporter autre chose à la société : “Mon rêve, c’est de créer un jour, comme Coluche, quelque chose comme les Restos du coeur, mais concernant le logement. Avec l’association Les Anges de la rue, nous essayons de repérer les immeubles, les hôtels à l’abandon pour les rénover et les mettre à disposition”. Un projet qui lui tient à coeur.

Ce qu’on peut déduire de tout cela… c’est que Cyril Hanouna, c’est un peu le mix entre Dechavanne, Ardisson et Coluche. La folie du premier, l’impertinence du second, et la générosité du troisième. Une mutation téléviso-génétique qui a fait de lui un animateur aujourd’hui indispensable au paysage audiovisuel français.

Alexandre BOERO

(Twitter @AlexBoeroOff – Facebook @alexandreboerocom)

Crédit photo : Paris Match Une


Publié le 17 août 2017 à 08h15


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