Vendée Globe – Le triomphe d’Armel Le Cléac’h qui pulvérise le record de l’épreuve

Le skipper Armel Le Cléac’h a remporté jeudi la 8ème édition du Vendée Globe, pulvérisant le record établi quatre ans plus tôt par François Gabart. 

 

Il aura fallu 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes à Armel Le Cléac’h pour remporter le 8ème Vendée Globe de l’histoire. Le Breton, arrivé aux Sables-d’Olonne ce jeudi 19 janvier 2017 à 16 heures 37 minutes et 46 secondes, a littéralement explosé le record détenu jusque là par le précédent vainqueur, François Gabart, de plus de 3 jours, 22 heures et 41 minutes. Un exploit considérable que le skipper a réussi grâce à son bateau, Banque Populaire VIII, extrêmement performant. Mais aussi parce qu’il est un surdoué des mers, qui a accompli son rêve.

“C’est un projet de dix ans, dix ans de ma vie”

Arrivée de Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII, vainqueur du Vendee Globe, aux Sables d’Olonne, France, le 19 Janvier 2017 – Photo Jean Marie Liot / DPPI / Vendee Globe

En conférence de presse, Armel Le Cléac’h, très ému, a reconnu que, contrairement à la précédente édition, où il lui a manqué un petit quelque chose pour battre Gabart, il n’avait pas l’intention de laisser la victoire lui échapper cette fois : “Mentalement, je suis allé très loin dans mes ressources, je me suis fait violence car je me suis dit : “tu ne peux pas perdre cette course”. Je me suis battu jusqu’au bout, j’ai peaufiné le moindre réglage, je ne voulais pas avoir le moindre regret ensuite.”

La vie d’un skipper ne ressemble à aucune autre. Elle est faite de sacrifices que peu d’hommes au monde ont le cran de faire. “C’est un projet de dix ans, dix ans de ma vie” confie-t-il. Dix années qui n’auront pas été vaines. Car le navigateur en a pris de la bouteille ! “Lors de mon premier Vendée Globe, j’étais arrivé épuisé, j’avais perdu 10 kg car j’avais mal géré la nourriture. Il y a quatre ans, j’étais en forme physiquement, mais déçu. Aujourd’hui, ça fait cinq-six jours que je suis en mode Figaro, j’ai peu dormi.” A 39 ans, et pour sa troisième participation, Armel Le Cléac’h a remporté le Vendée Globe.

Désormais, il va pouvoir attendre sereinement la fin de la course, profiter de sa famille et surtout échanger ses premiers mots avec son dauphin, Alex Thomson, arrivé dans la matinée de vendredi.

Alex Thomson, ce sacré client

Alex Thomson aura mené la vie dure au Français. Sur son bateau Hugo Boss, le Gallois aura plusieurs fois été en tête du Vendée Globe, parfois pendant de longs jours, faisant redouter le pire à Armel Le Cléac’h : “C’est sûr qu’Alex m’a poussé jusqu’au bout, jusqu’à quelques heures avant l’arrivée. […] Il a fallu s’accrocher à ce train d’enfer qu’il menait.”

Et le skipper Banque Populaire a tenu bon ! Cette fois, c’est son moment, et personne ne pourra lui enlever.




Armel Le Cleac’h (FRA), le 19 Janvier 2017 – Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendee Globe
Et les foils, ces petites ailettes blanches fixées au milieu de la coque, qu’en a pensé Armel ?

Les foils, c’est la réussite d’un pari lancé avec des architectes il y a trois ans. Au départ on était sceptiques, puis on y a cru. Avec Banque Populaire on a été les premiers à tenter. Au final on a prouvé que cela marchait, le podium va être fait de foilers, donc c’était le choix qu’il fallait faire. Je suis content, on est allé au bout de la démarche. Moi j’ai géré à ma façon, je n’ai pas tout le temps mis le foil parce que, soit la mer n’était pas bonne, soit ça allait trop vite. On ne le met pas à 100% du parcours. Quand il fallait mettre un petit coup d’accélérateur au bon moment je le mettais. Quand Alex a battu le record de vitesse sur 24h, j’avais mis mon foil, j’étais à fond dessus et c’est passé. Au final je n’ai pas battu les 24h mais je n’ai pas perdu trop de milles, donc ça s’est plutôt bien passé.”

Alexandre BOERO

(Twitter @AlexBoeroOff – Facebook @alexandreboerocom)

Crédits photo & source : Photo Jean Marie Liot / DPPI / Vendee Globe


Publié le 20 janvier à 7h30, mis à jour à 12h10

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